Thérapie des schémas : comprendre les 18 schémas qui se rejouent en nous
J’ai conçu ce guide pour faciliter mon travail avec mes patients et les aider à se former à la compréhension de leurs propres schémas. C’est une étape essentielle : la thérapie ne fonctionne pas vraiment tant que la personne ne comprend pas ce qui se rejoue en elle. Tant que le schéma reste invisible, on subit ses effets sans pouvoir agir dessus.
En séance, je prends le temps d’avancer par étapes, jusqu’à ce que chacun reconnaisse clairement ses schémas, leur origine et la façon dont ils s’activent. C’est un travail accessible à tous : je le mène y compris avec des personnes âgées ou qui ne parlent pas le français, dans leur propre langue (arabe, darija). Avec des mots simples et des exemples concrets, tout le monde peut comprendre — et c’est à partir de là que la libération commence.
Qu’est-ce qu’un schéma, et comment s’installe-t-il ?
Un schéma est une croyance profonde sur soi et sur les autres, installée tôt dans la vie. Enfant, nous avons des besoins essentiels : être aimé, en sécurité, écouté, encouragé. Quand un besoin n’est pas comblé — ou après un choc, ou en imitant nos parents — l’enfant tire une conclusion sur lui-même. Cette conclusion devient une croyance, puis une habitude de pensée qui dure des années et nous épuise.
Séparation & rejet
Besoin de l’enfant : un lien stable, sûr, chaleureux et fiable.
Abandon / Instabilité
ABOn va finir par me quitter, rien ne dure.
La peur que les personnes qui comptent partent, disparaissent ou deviennent imprévisibles.
Au quotidien : dès qu’un proche tarde à répondre, on est sûr qu’il s’éloigne. On s’accroche… ou on rompt avant d’être quitté.
Le besoin de l’enfant : un lien stable sur lequel compter.
Méfiance / Abus
MAOn va me faire du mal, je dois me protéger.
La conviction que les autres vont blesser, tromper ou profiter de soi.
Au quotidien : difficile de faire confiance, on teste les gens, on guette l’arrière-pensée derrière chaque geste.
Le besoin de l’enfant : être en sécurité, ne pas être maltraité.
Carence affective (manque affectif)
EDPersonne ne comblera vraiment mes besoins.
Le sentiment que l’amour, la chaleur et l’écoute ont manqué — et manqueront toujours.
Au quotidien : même entouré, on se sent seul et incompris. On n’attend plus rien des autres, on se console seul.
Le besoin de l’enfant : de l’amour, de la tendresse, être écouté et compris.
Imperfection / Honte
HIIl y a un défaut en moi, je ne suis pas aimable.
Le sentiment d’être défectueux, indigne d’amour si on est vraiment connu.
Au quotidien : peur que si on me connaît vraiment, on me rejette. Une honte diffuse, sans savoir toujours sur quoi.
Le besoin de l’enfant : être accepté tel qu’il est.
Isolement social / Exclusion
ISJe ne suis pas comme les autres, je n’ai pas ma place.
Le sentiment d’être différent, étranger, en marge des groupes.
Au quotidien : en soirée on reste à l’écart, on ne trouve pas « les codes », on se sent à part même au milieu des autres.
Le besoin de l’enfant : appartenir, faire partie d’un groupe.
Manque d’autonomie & de performance
Besoin de l’enfant : explorer, se sentir capable, devenir autonome.
Dépendance / Incompétence
DIJe n’y arriverai pas tout seul.
Le sentiment d’être incapable de gérer la vie quotidienne sans l’aide des autres.
Au quotidien : peur de décider seul, besoin constant d’être rassuré, de quelqu’un qui guide.
Le besoin de l’enfant : apprendre à faire par lui-même, se sentir capable.
Vulnérabilité / Peur du danger
VUUne catastrophe peut arriver à tout moment.
Une peur permanente du danger : maladie, accident, ruine, malheur imminent.
Au quotidien : l’épisode de l’ascenseur bloqué « prouve » que le monde est dangereux → hypervigilance qui dure, peur pour ses proches.
Le besoin de l’enfant : se sentir en sécurité dans le monde.
Fusionnement / Soi atrophié
EUJe n’existe pas vraiment sans l’autre.
Une identité collée à celle d’un parent ou d’un partenaire, sans « moi » distinct.
Au quotidien : ne sait pas ce qu’il veut sans l’avis du parent ; se sent coupable de vivre sa propre vie.
Le besoin de l’enfant : devenir une personne séparée, autonome.
Échec
ECJe suis moins capable que les autres, je vais échouer.
La conviction d’être incompétent, voué à l’échec comparé aux autres.
Au quotidien : minimise ses réussites, se compare en permanence, se croit moins doué que tout le monde.
Le besoin de l’enfant : se sentir compétent et encouragé.
Manque de limites
Besoin de l’enfant : des limites réalistes, le respect des autres, l’autodiscipline.
Droits exagérés / Grandiosité
ETLes règles, c’est pour les autres ; moi je mérite plus.
Un sentiment de supériorité, avec difficulté à accepter les limites ou un refus.
Au quotidien : s’énerve qu’on lui dise non, supporte mal les contraintes et l’attente.
Le besoin de l’enfant : des limites claires et le respect d’autrui.
Manque d’autocontrôle / Autodiscipline
IS2Je n’arrive pas à me forcer, ni à me retenir.
Difficulté à tolérer la frustration, à finir ce qu’on commence, à se discipliner.
Au quotidien : tout reporter, procrastiner, agir sur l’impulsion, abandonner dès que c’est difficile.
Le besoin de l’enfant : apprendre l’effort, la frustration, le cadre.
Orientation excessive vers les autres
Besoin de l’enfant : exprimer ses besoins et ses émotions, avoir une valeur propre.
Assujettissement / Soumission
SBSi je dis ce que je veux, ça tourne mal.
Céder aux autres par peur du conflit ou du rejet, jusqu’à s’effacer.
Au quotidien : incapable de dire non, laisse l’autre décider, fait tout pour éviter les confrontations.
Le besoin de l’enfant : avoir le droit d’exprimer ses besoins et ses émotions.
Abnégation / Sacrifice de soi
ASLes besoins des autres passent avant les miens.
Se dévouer aux autres au point de s’oublier complètement.
Au quotidien : toujours celui qui aide, écoute, donne ; culpabilise de penser à soi ; « mes besoins sont minimes ».
Le besoin de l’enfant : que ses propres besoins comptent aussi.
Recherche d’approbation / Reconnaissance
RQMa valeur dépend du regard des autres.
Une estime de soi suspendue à l’approbation, au statut, à l’image renvoyée.
Au quotidien : cherche à plaire, à être reconnu ; se sent vide ou « pas assez » sans validation extérieure.
Le besoin de l’enfant : une valeur intérieure stable, indépendante du regard.
Survigilance & inhibition
Besoin de l’enfant : le droit à la spontanéité, au jeu, au repos, à l’erreur.
Négativité / Pessimisme
NPDe toute façon, ça va mal tourner.
Une attention tournée vers le négatif et l’attente du pire.
Au quotidien : même quand tout va bien, on attend la tuile ; on prévient les autres de ce qui pourrait arriver.
Le besoin de l’enfant : la sécurité, le droit à la légèreté.
Inhibition émotionnelle
EIJe ne dois pas montrer ce que je ressens.
Un blocage de l’expression des émotions — colère, joie, tendresse, larmes.
Au quotidien : paraît froid ou « coincé », n’exprime pas l’affection, garde tout à l’intérieur.
Le besoin de l’enfant : le droit de ressentir et d’exprimer, la spontanéité.
Idéaux exigeants / Exigences élevées
EECe n’est jamais assez bien, je dois faire mieux.
Un perfectionnisme épuisant, une pression constante, la peur de l’échec.
Au quotidien : ne se contente jamais d’« assez bien », sacrifie repos et plaisir, se critique durement.
Le besoin de l’enfant : le droit à l’erreur, le droit d’être « assez bien ».
Punition
PUUne erreur mérite d’être punie.
Une dureté envers soi (et envers les autres) face aux fautes ; aucun droit à l’erreur.
Au quotidien : se flagelle pour la moindre erreur, rumine ses fautes, n’accepte pas facilement les excuses.
Le besoin de l’enfant : la bienveillance, le droit à l’imperfection, le pardon.
Le schéma s’active de temps en temps — et c’est là qu’il fait souffrir
Un schéma ne tourne pas en permanence : il se réveille face à certaines situations (une dispute, un silence, un rendez-vous, une critique). Quand il s’active, on le ressent souvent ainsi :
Ces schémas finissent par guider nos décisions, nos habitudes et nos choix amoureux. Ils causent des conflits de couple, de la fatigue, des problèmes de santé — et, sans s’en rendre compte, on risque de les transmettre à nos enfants. La bonne nouvelle : un schéma se comprend, se désamorce et se travaille.
Pour aller plus loin
Ce travail sur les schémas est au cœur de la thérapie des schémas et TCC à Marseille. Selon votre situation, il se prolonge par un accompagnement de la dépendance affective, un travail des blessures anciennes en EMDR et traumatisme, ou une réflexion sur les raisons pour lesquelles on attire des partenaires toxiques.
Vous reconnaissez l’un de ces schémas ?
Comprendre ce qui se rejoue en soi, c’est déjà commencer à s’en libérer. Je vous accompagne à votre rythme, à Marseille ou à distance.
Prendre rendez-vousCe contenu est un outil de compréhension générale et ne remplace pas un accompagnement individuel. — Amir B., Thérapeute · Marseille · Comprendre · Guérir · Se libérer
Un schéma précoce inadapté est une croyance profonde sur soi et sur les autres, formée dans l’enfance à partir de besoins non comblés, de chocs ou de l’exemple des parents. Il oriente ensuite, à l’âge adulte, notre façon de penser, de ressentir et de choisir, souvent à notre insu
Ils naissent de trois grandes sources : un besoin essentiel de l’enfant non comblé (amour, sécurité, écoute), un choc ou un événement marquant, ou l’imitation d’un modèle parental. Le plus souvent, plusieurs de ces facteurs se combinent.
Oui. Un schéma est une habitude apprise, donc modifiable. La première étape est de le comprendre et de le reconnaître ; ensuite, un travail thérapeutique progressif permet de le désamorcer et de construire des façons de penser plus apaisées.
Cela dépend de chaque personne, de l’ancienneté et de l’intensité du schéma. Certains changements se ressentent assez vite, d’autres demandent un travail de fond sur plusieurs mois, à un rythme construit ensemble.
Non. Comprendre ses schémas est à la portée de tous, avec des mots simples et des exemples concrets. J’accompagne aussi les personnes qui ne parlent pas le français, dans leur propre langue (arabe, darija).
On les identifie ensemble en séance, à partir de votre histoire et de la façon dont certaines situations vous affectent. Un questionnaire d’évaluation et un échange approfondi permettent de repérer vos schémas dominants et leur origine.





